«Toujours plus ensemble» au lieu du «seul contre tous» – SWISS21

Ou comment le marché de l’informatique et des logiciels a changé. Quelques réflexions sur les l’ingéniosité et la malice des jeunes entrepreneurs, les avancées technologiques, les nuages ​​et les API.

Swiss21 Business Software API

Auparavant, le marché des logiciels de gestion d’entreprise fonctionnait de la manière suivante : une poignée de jeunes, passionnés par les nouvelles technologies, sortaient une idée originale souvent dans le but de se faciliter la vie. L’apparition des PC (personal computer) est un bon exemple. « Faites votre comptabilité avec nos nouveaux ordinateurs personnels bon marché au lieu d’utiliser vos livres de comptes en papier ou l’ordinateur à carte perforée, si bruyant, encombrant et coûteux que vous avez placé au sous-sol ». Aussitôt dit, aussitôt fait ! Malins et travailleurs, ces petits gars ont suscité la curiosité de certains qui, intéressés, ont voulu tester leur logiciel. Une entreprise était née. Les jeunes ont engagé des programmeurs et des vendeurs, et leur affaire a prospéré.

Les vendeurs des anciens ordinateurs à carte perforée, qui étaient aussi chers que bruyants, ont tout d’abord bien ri. Ils étaient convaincus que ce nouveau matériel ne ferait jamaiiiiis ceci et cela et que les clients ne remplaceraient jamaiiiiis leurs ordinateurs onéreux par un PC bon marché. Bien sûr, par la suite les clients l’ont voulu, et le fabricant d’ordinateurs à cartes perforées a, au mieux, vendu son entreprise ou, au pire, fait faillite.

Ces jeunes gens n’étaient pas les seuls à avoir écrit des logiciels pour PC innovants. Le marché était en pleine croissance. Mais lors du progrès technologique suivant, certains d’entre eux n’ont pas réussi à suivre la tendance. Soit, ils avaient été trop gourmands et n’avaient pas assez de réserves pour survivre le temps nécessaire au développement d’une nouvelle version, soit ils avaient été trop paresseux et, au final, leur nouvelle version a abouti trop tardivement. Ou alors ils avaient tout simplement misé sur le mauvais cheval technologique.

Le marché était florissant, nos nouveaux entrepreneurs gagnaient beaucoup d’argent. Les clients en voulaient toujours plus, l’entreprise a grandi et s’est développée. Au logiciel de comptabilité sont venus s’ajouter des outils de gestion des salaires, de connexions bancaires, des solutions pour la production, le commerce, la logistique, et l’archivage, etc… Les programmes sont devenus plus complexes, les différents modules toujours plus interconnectés et, par conséquent, leurs développements toujours plus sophistiqués. Seuls quelques éditeurs sont parvenus à franchir le saut technologique suivant. Certains ont pu vendre leur entreprise à temps à un fournisseur, souvent étranger. Leurs solutions ont été progressivement absorbées dans l’offre de produits internationaux, pour ensuite y disparaître. D’autres ont assuré le nouveau changement de technologie et sont alors devenus très importants au sein de leur marché, comme SAP sur le marché mondial ou Abacus en Suisse.

 

Cloud, gratuité et API’s

Mais tout comme les PC domestiques bon marché ont mis fin à l’ère des gros ordinateurs*, les solutions intégrées « qui peuvent tout » sont également appelées à disparaître. En effet, les logiciels (en particulier pour les petites entreprises) deviennent gratuits et peuvent être obtenus via le Cloud. Il n’est plus nécessaire de les installer sur son ordinateur et ils peuvent être utilisés avec un smartphone depuis n’importe où. En plus, ils ne doivent plus savoir « tout faire » puisqu’il est devenu relativement facile de relier toute ces petites applications modernes entre elles. Le mot magique est API – Application Programming Interface. Une API est une interface, écrite dans un langage standardisé, qui permet non seulement l’échange de données, mais également la transmission d’instructions entre les programmes. Ces API’s permettent aux éditeurs de toutes tailles de faire communiquer leurs applications entre elles, sans fournir tous les efforts déployés auparavant.

Un exemple concret pourrait être une commande contre facture effectuée depuis un shop en ligne qui, à l’aide des API’s, va identifier le compte client et générer l’envoi de la facture dans le logiciel de gestion d’entreprise.

Les avantages de l’API sont évidents. Les éditeurs de logiciels ou d’applications mobiles peuvent rapidement et simplement faire communiquer leurs solutions entre elles et rendre ainsi leurs produits plus attractifs. Ils bénéficient du savoir-faire d’autres spécialistes et peuvent s’ouvrir à d’autres marchés.

 

C’est l’une des idées qui est à l’origine de Swiss21.org. Grâce à ce portail, les petites entreprises bénéficient non seulement d’un logiciel de comptabilité en ligne gratuit, mais également de toute une série d’autres solutions qui peuvent être ajoutées d’un simple clic de souris **. La solution de comptabilité AbaNinja, par exemple, peut facilement être complétée par une caisse enregistreuse en ligne, un e-shop (et pas n’importe lequel, puisque le produit de Peppershop est déjà fort bien établi), une solution CRM SmartWe et bientôt par AbaSalary pour la gestion des salaires. Et comme Swiss21.org est basé sur le concept des API’s, de nouvelles solutions seront régulièrement ajoutées. C’est notamment le cas avec l’application mobile AbaClik qui permet la saisie des prestations et des notes de frais, ce qui facilitera considérablement la vie des prestataires de services à l’avenir.

* Cette représentation est grossièrement simplifiée, l’ère des grands ordinateurs n’étant évidemment pas terminée. Ils sont encore utilisés dans les centres de calcul des services publiques, des banques et des compagnies d’assurances pour le traitement d’énormes quantités de données. Sans compter les systèmes à grande échelle extrêmement modernes, comme les superordinateurs du CSCS (Centro Svizzero di Calcolo Scientifico) de l’ETH Zurich au Tessin, qui peuvent traiter des tâches de calcul gigantesques pour la recherche et la science.

** Ici aussi la procédure est simplifiée. Un clic de souris ne suffit généralement pas puisqu’un shop en ligne, par exemple, a besoin d’un hébergeur. Cela demande évidemment quelques étapes supplémentaires.